Ordre OCO en trading : pourquoi les deux ordres peuvent parfois s’exécuter ensemble

Un ordre OCO (One Cancels the Other) relie deux ordres, typiquement deux ordres limites, de façon que l’exécution de l’un entraîne l’annulation automatique de l’autre, selon la définition du régulateur américain des marchés à terme, la CFTC, dans son glossaire…

4 minutes

Illustration abstraite et sombre de chandeliers stylisés où deux flux lumineux, violet et or, représentant un ordre OCO convergent vers un point lumineux puis bifurquent, symbolisant le principe selon lequel un ordre annule l'autre.

Un ordre OCO (One Cancels the Other) relie deux ordres, typiquement deux ordres limites, de façon que l’exécution de l’un entraîne l’annulation automatique de l’autre, selon la définition du régulateur américain des marchés à terme, la CFTC, dans son glossaire officiel consulté le 6 octobre 2026 (CFTC Glossary). Ce que cette même documentation, ainsi que celle de plusieurs courtiers, précise aussi : l’annulation ne se fait pas toujours à temps, et les deux ordres peuvent dans certains cas être exécutés ensemble.

Ce que dit la définition de principe

La CFTC définit l’ordre OCO comme une paire d’ordres, généralement des ordres limites, dont le remplissage de l’un provoque l’annulation automatique de l’autre (CFTC Glossary). Du côté européen, le régulateur britannique des marchés financiers, la FCA, retient une définition équivalente dans son manuel technique : deux ordres sont liés de telle sorte que si l’un des deux est exécuté, l’autre est retiré par les opérations du marché (FCA Handbook). Ces deux textes décrivent le principe : un mécanisme de liaison entre deux ordres, pensé pour qu’un seul des deux reste actif à la fois.

Ce que les courtiers documentent en plus : l’annulation n’est pas garantie

Le courtier Fidelity précise, dans son glossaire en ligne, que l’annulation de l’ordre lié se fait sur une base de meilleurs efforts, et non de façon garantie : les deux ordres peuvent être simultanément actifs sur le marché, et l’exécution de l’un, même partielle, déclenche seulement une tentative d’annulation de l’autre (Fidelity Glossary). Interactive Brokers décrit le même mécanisme pour ses ordres OCA (One Cancels All) : comme la procédure d’annulation est automatisée, rien ne garantit que la demande d’annulation atteigne la place avant qu’un ordre n’ait déjà été exécuté (Interactive Brokers). Ces deux sources documentent donc un délai technique entre l’exécution d’un ordre et l’annulation effective de l’autre, délai qui n’est jamais nul.

Le cas où les deux ordres s’exécutent réellement

La plateforme MultiCharts va plus loin dans sa documentation sur les risques de trading : en cas de forte volatilité, il peut ne pas y avoir assez de temps pour annuler l’ordre restant, et les deux ordres peuvent alors être exécutés. Le même document ajoute que les deux ordres peuvent aussi être remplis dans le cas, qualifié de peu probable, d’un krach ou d’une perte de connexion (MultiCharts, Trading Risks). Ce passage ne décrit pas une anomalie du logiciel mais une conséquence cohérente avec le fonctionnement décrit par Fidelity et Interactive Brokers : si l’annulation est une tentative et non une garantie, il devient plausible que cette tentative échoue dans certaines conditions de marché.

Ce que ces textes ne précisent pas

Aucune des sources consultées ne donne de fréquence chiffrée de ce double remplissage, ni de seuil de volatilité à partir duquel le risque devient significatif. Les formulations retenues, meilleurs efforts chez Fidelity, pas de garantie chez Interactive Brokers, peu probable chez MultiCharts, indiquent un événement rare mais non nul, sans quantification publique associée. Un trader ne peut donc pas s’appuyer sur un pourcentage pour évaluer ce risque, seulement sur la nature du mécanisme lui-même.

Ce risque d’exécution double rejoint d’autres limites déjà documentées des ordres automatisés, comme celles de l’ordre à seuil de déclenchement, qui devient un simple ordre au marché une fois activé, ou du ordre stop suiveur, dont le déplacement du seuil ne garantit jamais le prix d’exécution. Dans les deux cas comme pour l’OCO, la logique de l’ordre est claire sur le papier, mais son exécution dépend de la rapidité du marché et de la connexion au moment critique, un facteur documenté aussi pour le slippage sur CFD et Forex.

Questions fréquentes

Un ordre OCO garantit-il qu’un seul des deux ordres sera exécuté ?

Non. La CFTC et la FCA décrivent le principe d’annulation automatique, mais Fidelity précise que cette annulation se fait sur une base de meilleurs efforts, pas de façon garantie. Les deux ordres peuvent rester actifs en même temps sur le marché pendant le court délai nécessaire au traitement de l’annulation.

Dans quelles conditions les deux ordres d’un OCO peuvent-ils s’exécuter ensemble ?

MultiCharts documente deux cas : une forte volatilité, où le temps nécessaire pour annuler l’ordre restant peut manquer, et des événements plus rares comme un krach de marché ou une perte de connexion entre la plateforme et la place d’exécution.

Pourquoi l’annulation automatique peut-elle échouer ?

Interactive Brokers explique que la procédure d’annulation des ordres liés est un processus automatisé, sans garantie que la demande d’annulation parvienne à la place d’exécution avant que l’autre ordre n’ait déjà été rempli, en tout ou en partie.

Que se passe-t-il si un des deux ordres n’est exécuté que partiellement ?

Fidelity précise que les exécutions partielles déclenchent aussi une tentative d’annulation de l’autre ordre de la paire, et non une annulation automatique certaine. Le même principe de meilleurs efforts s’applique, qu’il s’agisse d’une exécution totale ou partielle.